Edito

Janvier 2023

La tradition

2023 commence.

On ne sait plus vraiment si l’année qui vient sera meilleure que la précédente, mais on ne peut que le souhaiter. 

Nous espérons que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année et que vous allez garder la meilleure santé possible durant ces 365 jours, ainsi que par la suite.

Etat des sciences physiques en France

Regarder les rapports des inspections internes peut se révéler être une source d’informations très intéressante…

Un rapport de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR – anciennement inspection générale de l’éducation nationale) publié en mai 2022 (n°2019-070 de juin 2021), fait état de la discipline en physique-chimie pour l’année 2021.

https://www.education.gouv.fr/etat-de-la-discipline-physique-chimie-bilan-et-perspectives-324173

Vous trouverez en italique ci-dessous quelques morceaux choisis. Comme dans tout rapport d’inspection, il y a des recommandations (une vingtaine). Il y a également des points de situation intéressants. Nous voudrions vous en livrer quelques-uns, compte tenu des diverses annonces faites pour recruter dans la filière nucléaire (aussi bien la sûreté que la radioprotection), plus de 10 000 postes.

A l’école

Les professeurs des écoles, quant à eux, sont, pour moins d’un cinquième d’entre eux, issus d’une licence relevant du domaine des sciences. La formation initiale proposée lors des deux années du master MEEF mention premier degré, n’accorde qu’une place très modeste aux sciences et à la technologie. La formation continue obligatoire, réorientée exclusivement vers les « fondamentaux », ne permet donc pas de compenser les insuffisances liées aux parcours universitaires antérieurs non scientifiques et à la formation initiale.

Au lycée

Les objectifs de formation sont de plus en plus ambitieux dans un cadre horaire de plus en plus contraint, en particulier dans les séries S et STI2D – où les pertes horaires sont très marquées entre 1997 et 2019 pratiquement l’équivalent d’une année de formation –, ces séries ayant paradoxalement comme mission première de former des scientifiques.

En matière de recrutement des enseignants, si la situation pouvait sembler satisfaisante jusqu’en 2018 avec un taux de sélectivité des concours plutôt supérieur à la moyenne de l’ensemble des autres disciplines et un taux de remplissage très élevé, la dégradation rapide du niveau des candidats au CAPES externe de physique-chimie a conduit à n’attribuer que deux tiers des postes mis au concours à la session 2019. Cette situation préoccupante pour l’avenir est imputable à une maîtrise insuffisante des compétences expérimentales et des savoirs de base par les candidats.

Différences filles garçons

La mission aborde ensuite la question des différences entre filles et garçons sous le prisme de la physique-chimie. Elle note une moindre représentation des filles dans les parcours scientifiques, des performances des filles en physique-chimie légèrement inférieures à celles des garçons et une appétence plus faible pour les sciences attestée par les enquêtes nationales et internationales.

La mission souhaite mettre en avant les aspects suivants :

– les enseignants du supérieur jugent unanimement que l’enseignement de la physique-chimie dispensé actuellement au lycée prépare insuffisamment les élèves aux études supérieures scientifiques ; ce point devrait être partiellement corrigé avec les nouveaux programmes en vigueur à la rentrée scolaire 2019 ;

(note personnelle du rédacteur : je n’ai pas cette sensation)

Par ailleurs, l’attractivité de l’enseignement de physique-chimie repose essentiellement sur les activités expérimentales ; l’enseignement de physique-chimie peine à susciter l’intérêt des élèves dès qu’il aborde des aspects théoriques qui constituent précisément une part essentielle de son identité : inscrire l’observation du réel dans un ensemble de causes et d’effets que les mathématiques permettent de modéliser sous forme de relations entre des grandeurs (théories, principes, lois). Ces points méritent d’être pris en compte de manière volontariste dans les formations dispensées aux professeurs.

Dans notre domaine une recommandation va à l’encontre de ce dernier aspect :

Recommandation 9 : régler définitivement la question de la présence de substances radioactives dans les établissements scolaires publics et privés.

Le cas des substances radioactives, un dossier encore non résolu

Si la situation est qualifiée de « réglée » dans la région Grand Est, force est de constater que ce n’est pas le cas de toutes les régions comme dans les Hauts-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle-Aquitaine. L’enlèvement concerne les sources radioactives des dispositifs CRAB, des pastilles de césium, de polonium, des minerais radioactifs, etc. 

Il existe assurément une forme d’urgence à apporter une solution au problème posé par ce dossier.

Comment faire des travaux pratiques sans sources radioactives ? La réalité virtuelle, les simulateurs sont des outils performants. Cela ne remplacera cependant pas les phénomènes physiques réels auxquels nous sommes confrontés dans nos métiers.

Ainsi, même s’il est fait mention de la place croissante prise par la modélisation dans l’enseignement de la physique-chimie, il est nécessaire de sécuriser et favoriser les conditions d’une pratique expérimentale authentique eu égard à l’importance pédagogique et didactique de la démarche expérimentale dans l’enseignement de la physique-chimie.

Plus de pratique en conditions réelles, plus de fond, et peut-être un peu plus de philosophie de la radioprotection et une meilleure présentation de la radioactivité seraient certainement un plus dans les formations. Si les universités ne peuvent pas dispenser la totalité du bagage nécessaire à une formation complète, pourquoi ne pas se rapprocher des professionnels ? Les organismes de formation disposent de centres de qualité pouvant réaliser des travaux pratiques performants. Et les professionnels rencontrés en amont des stages se feront un plaisir de guider les nouvelles générations, peu importe le niveau d’étude considéré.

Décembre 2022

Bonjour à tous,

C’est une période calme, pour une fois, en radioprotection. Quelques textes sont sortis, aussitôt analysés, mais depuis plus rien.

Le monde du nucléaire vit des moments riches mais on s’éloigne de la radioprotection.
Alors que vous dire pour vous occuper ? 

Eh bien nous allons vous parler des besoins que l’on a. Vous n’êtes pas sans savoir qu’une association ne fonctionne que grâce à ces bénévoles. L’équipe en place fait le taf et est contente de le faire. Ceci dit, suite aux dernières JTs, de nombreuses mains se sont levées pour nous aider, puis plus rien. Nous invitons alors ces petites mains à se relever.

Les missions ?

  • Relire des documents 
  • Aider à la préparation des prochaines journées techniques
  • Participer à notre premier comité technique

Oh rassurez-vous, ce ne sont pas des activités qui vous prennent tout votre temps libre. Il s’agit de coups de main ponctuels, et bien définis. La prochaine AG aura lieu en mars 2023. Si vous souhaitez vous investir un peu plus, ce sera la seconde étape. En attendant, on change de trame, on se met à Fluka, le Cirkus continue son petit bonhomme de chemin.

SFRP, on y était !

Les journées ont visiblement plu aux participants, qui étaient en nombre un peu plus réduit que lors de précédentes éditions. La raison est sans doute la non prise en compte de cette manifestation dans le cadre de la formation continue. 
Les exposants ont eu beaucoup de monde sur leurs stands. Les ateliers et tutoriales ont permis de traiter de sujets spécifiques en fonction de l'intérêt des participants. Ce fut une édition appréciée par le fait aussi de se retrouver en présentiel.

 

Et que vous dire pour 2023 ?

Eh bien tout d'abord qu'il est venu le temps, non pas des cathédrales, mais des adhésions au Cirkus ! Comme chaque année, nous vous rappelons qu'être clown c'est quand même super chouette. Cette année nous passons par un nouveau système (encore ! Mais promis après on arrête de changer !) très similaire à HelloAsso mais qui sera... roulement de tambour... Assoconnect. On change car au Cirkus nous aimons en faire le moins possible. Alors si un système nous simplifie la vie, on l’adopte de suite.
N'hésitez pas à nous faire vos éventuels retours sur le système en question :)

 

C’est tout pour le moment. C’est l’heure de faire des cadeaux. Bisous à tous !

Octobre 2022

Commençons par :

Évolutions réglementaires

Un nouveau Questions / Réponses vient d’être mis en ligne par la DGT. Le QR sur la surveillance dosimétrique individuelle, qui répond à beaucoup de questions depuis la publication de l'arrêté du 26 juin 2019 relatif à la surveillance individuelle de l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants, vient d'être publié. Il rappelle les obligations de l'employeur afin de bien renseigner dans SISERI les informations sur ses salariés exposés aux RI (en particulier le classement).
Il devrait répondre à différents quiproquos qui ont pu persister entre surveillance radiologique (prévention) et surveillance dosimétrique individuelle (dispositif renforcé).

Les liens :
https://lnkd.in/ezaRT2nw
https://lnkd.in/etccGxYv

Bilan dosimétrique 2021 des travailleurs

L'IRSN vient de publier le bilan dosimétrique annuel des travailleurs. Sur son site l'IRSN indique :

Vers un « retour à la normale » après la crise sanitaire due à la COVID-19.
En 2021, la dose individuelle moyenne s’établit à 0,85 mSv, en hausse de 9 % par rapport à 2020 (0,78 mSv) pour des raisons similaires à la dose collective. Elle reste cependant inférieure à celle des années précédentes (1,20 mSv en 2019 et 1,12 mSv en 2018). Près de 94 % des travailleurs suivis ont reçu une dose annuelle inférieure à 1 mSv. Un dépassement de la limite annuelle réglementaire (20 mSv sur 12 mois glissants) a été enregistré pour un travailleur (contre sept en 2020). Un dépassement concerne la limite de dose à la peau (supérieure à 500 mSv sur douze mois glissants). Un dépassement concerne la limite de dose au cristallin (supérieure à 50 mSv sur l’année civile 2021).
Vous trouverez également plusieurs focus thématiques.

Les liens :
https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Communiques_et_dossiers_de_presse/Pages/20220922_Bilan-2021-exposition-professionnelle-rayonnements-ionisants-France.aspx 
https://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/Documents/radioprotection/IRSN_Rapport-Exposition-travailleurs-2021.pdf 

Actualités en tous genres

  • * Incendie à Romans sur Isère

Le 21 septembre 2022 à 17h10, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été informée par Framatome qu’un événement est survenu à l’usine de Romans-sur-Isère dans le département de la Drôme (26).
L’incendie qui s’est déclenché à l’intérieur d’un atelier de l’usine a été maîtrisé. Aucune substance radioactive n’a été touchée par le feu. Les contrôles réalisés par l’exploitant n’ont pas relevé de radioactivité dans l’air du local ni à l’extérieur.
L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se rendra sur place demain pour effectuer des mesures complémentaires dans l’environnement. L’exploitant met en place un dispositif de surveillance afin de prévenir tout nouveau départ de feu dans le local concerné. En conséquence, l’ASN a autorisé l’exploitant à lever son plan d’urgence interne. L’ASN a désactivé son centre d’urgence à 19h50.

  • * Les scanners aéroportuaires chinois

La société Nuctech gagne visiblement plusieurs parts de marché au niveau national sur les aéroports. Un petit reportage sur France 2 a posé la question de la transmission de données à l’extérieur. Et d’autres produits sont installés aux points frontaliers tels que les ports et les frontières terrestres. Si vous voulez voir la gamme des produits : https://nuctecheurope.com/products

Consultation du public ASN

Nous ne pouvons que vous conseiller de vous exprimer sur le sujet suivant qui est en consultation du public :
Projet de décision et projet de guide de l’ASN relatifs aux modalités de déclaration et à la codification des critères de déclaration des événements significatifs pour la radioprotection des travailleurs, des patients, de la population ou de l’environnement
Il va y avoir des modifications dans les critères. Vous avez jusqu’au 11 octobre pour donner votre avis.

Septembre 2022

Après des vacances bien méritées, l'édito est de retour sur le site.

Ukraine

Difficile d’avoir une idée précise de la situation à la Centrale nucléaire de Zaporijjia. Et ce n’est pas avec les médias qu’on l’on peut estimer avoir une information fiable. L'AIEA a prévu de se déplacer sur le site.

Le Directeur général de l’Agence basée à Vienne, Rafael Grossi, a en effet indiqué être en route vers la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, cible ces dernières semaines de frappes. L'équipe d'inspecteurs est sur site ce jeudi 1er septembre.

« Le jour est venu, la mission de soutien et d’assistance de l’AIEA vers Zaporijjia est désormais en route. Nous devons protéger la sécurité de l’Ukraine et de la plus grande centrale d’Europe», a écrit Rafael Grossi sur Twitter.

Nous attendons les résultats de cette inspection.

Évolutions réglementaires

Pas de nouveautés dans la fournaise de l'été.

Juillet 2022

Que faire en cas d'accident nucléaire ?

Depuis quelque temps déjà, aussi bien côté autorités que sociétés savantes, le thème de l’accident nucléaire revient de manière récurrente.
Est-ce la guerre en Ukraine avec l’envahissement de la centrale de Tchernobyl qui a accentué le phénomène ? Pas vraiment…

L’accident de Fukushima a été comme un révélateur sur les organisations à mettre en place en cas d’événement de ce type. On retrouve d’ailleurs, depuis les décrets de 2018, les éléments sur la situation d’urgence radiologique et le post-accidentel dans le code de la santé publique et le code du travail.

Mais cela interroge tout de même, car si on regarde les dates de programmation des journées techniques sur ce thème, ou encore les documents produits aussi bien côté ASN qu’au niveau de la CIPR, on sent que le sujet devient sensible.
Pour illustrer mon propos, quelques exemples :
- La SFRP vient d’organiser une journée technique le 16 juin 2022, avec pour thème : « Se préparer à gérer les conséquences d’un accident nucléaire ». Cette journée comportait des sessions thématiques permettant d’aborder différents sujets en lien avec la préparation à la gestion d‘un accident nucléaire, avec dans un premier temps, un panorama général des plans nationaux de gestion d’un tel événement avec les recommandations internationales. Les évolutions envisagées de la doctrine française pour la gestion du post-accidentel et le retour d’expérience des exercices nationaux ont été traités avec ensuite des exemples des déclinaisons locales de cette doctrine au travers de relais tels que les professionnels de santé ou les commissions locales d’information (CLI). Le suivi sanitaire mis en place à la suite de tels évènements a fait l’objet de présentations. Enfin, il a été abordé une présentation des recherches en cours sur les technologies de décontamination des sols et sur le développement d’outils d’aide à la décision dans la gestion post-accidentelle d’un territoire.

Si vous êtes membre SFRP, vous pouvez récupérer les différentes présentations dans « manifestations passées ».

- La CIPR 146, sorti en juin 2022, traite du sujet : « protection radiologique des personnes et de l’environnement en cas d’accident nucléaire majeur ». Elle est traduite en français et mise à disposition du public sur le site de l’IRSN :
https://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/collection-ouvrages-IRSN/Documents/CIPR146_web.pdf

- Ls SFMC (Socitété Française de Médecine de Catastrophe) prévoit sa prochaine session le 27 septembre 2022 sur le thème "Le risque NR en 2022" (NR = Nucléaire Radiologique) :
https://www.sfmc.eu/wp-content/uploads/2022/05/Programme-NR-Version-9-Juin-2022.docx

- L’ASN avait sorti il y a quelque temps maintenant une plaquette d’informations simple à destination du grand public :
https://www.asn.fr/l-asn-informe/situations-d-urgence/la-distribution-d-iode/documents-d-information/alerte-nucleaire-je-sais-quoi-faire-!
Ils ont également publié un guide pratique pour les habitants d’un territoire contaminé par un accident nucléaire :
https://www.asn.fr/l-asn-informe/post-accident/le-codirpa/guide-pratique-pour-les-habitants-d-un-territoire-contamine-par-un-accident-nucleaire

Sans parler des guides comme le CODIRPA (éléments de doctrine pour la gestion post accidentelle d’un accident nucléaire) ou celui concernant l’intervention médicale en cas d’événement nucléaire ou radiologique, qui sont en cours de révision. Il faut dire qu’ils dataient un peu tous les deux.

A vous de vous faire votre opinion sur le sujet en consultant ces documents.

Évolutions réglementaires

Il faut s’attendre à de nouvelles modifications de fond dans notre architecture réglementaire.

Un nouveau projet de décret est en cours d’élaboration.

Les modifications du code du travail devraient porter sur  : 

  • - les accès à SISERI, 
  • - la radiologie industrielle, 
  • - les évaluations pour le CAMARI (réalisées actuellement à l’IRSN), 
  • - les évaluations pour le certificat PCR, 
  • - les certifications des entreprises extérieures en INB, 
  • - les formations aux rayonnements ionisants de tous les personnels des services de prévention et de santé au travail SPST, 
  • - et enfin les corrections de coquilles et clarifications de textes.

Nous avons encore de gros chantiers devant nous.…

 

Juin 2022

4èmes Journées Radioprotection Cirkus

C'était bien ! Mais que c'était bien !
Nos 4èmes journées techniques se sont terminées. 
Au vu des retour des participants et des exposants, nous avons réussi notre pari : vous faire plaisir !
Merci, merci, merci d'être venus, de nous supporter depuis 12 ans et de participer à cette aventure !
Merci aussi aux orateurs qui nous ont régalés avec des présentations de qualité.
Un gros merci au cirque Imagine de nous accueillir et de nous avoir proposé (avec le traiteur) une soirée de gala que beaucoup d’entre vous ont qualifié de MAGIC.

Et bien entendu, nous nous projetons déjà dans l’avenir et nous pensons déjà aux 5ème journées.
Pour l’instant, nous ne vous en disons pas plus, histoire de vous faire mijoter à feu doux.

Rapport annuel de l'ASN

Voici un marronnier : le rapport annuel.
Le président a fait sa présentation devant l’office parlementaire.

"Ce qui ressort plus particulièrement de l’année 2021, et notamment de sa seconde partie, ce sont les fragilités industrielles qui touchent l’ensemble des installations nucléaires et le débat qui s’est installé sur les choix de politique énergétique et la place du nucléaire dans ces choix."

Le président de l’ASN a donc insisté sur les choix à faire en matière énergétique.

"La perspective d’une politique énergétique comportant une composante nucléaire de long terme doit être accompagnée d’une politique exemplaire en matière de gestion des déchets et du nucléaire historique." Et c’est le cas pour certaines anciennes installations du CEA. A titre d’illustration, le centre de Fontenay a encore décalé la date de la fin du démantèlement du site puisque l’on se dirige maintenant vers 2047 !

Le directeur général a prôné un contrôle plus proportionné aux enjeux.

"L’ASN a accentué ses efforts en faveur d’une « approche graduée » du contrôle. Ainsi, dans le nucléaire de proximité, la refonte des régimes administratifs opérée ces dernières années a permis d’alléger les dossiers demandés et les instructions réalisées pour les activités à plus faibles enjeux de radioprotection. De même, l’ASN a recentré ses inspections sur les activités à plus forts enjeux."

On aimerait surtout que certains inspecteurs fassent des demandes cohérentes sur l’ensemble du territoire. Nous serions presque tentés de réaliser un document sur les « perles » concernant certaines demandes lors des inspections.

Évolutions réglementaires

Avec un changement de gouvernement, il y a peu de chances que des textes sortent en ce moment.

6ème Congrès Européen de Radioprotection

Nous n'allions quand même pas laisser la SFRP avoir tout le fun ! C'est par un heureux hasard que le Cirkus a assisté à ce congrès organisé par l'IRPA. Il y aurait beaucoup à dire et nous sommes encore trop "petit Poucet" pour lire le marc de cravate de ce genre de manifestation, mais il y eut de belles rencontres et de belles conférences. 

Nous avons pu engager la discussion avec la SFRP sur des travaux en commun. Nous avons visité la centrale nucléaire de Paks, au design soviétique toujours aussi surprenant. Et une petite mention spéciale à la présentation de Kathryn Ambrose qui propose une nouvelle définition du principe ALARA, basée non seulement sur des critères technico-économiques, mais qui prend aussi en compte des critères de sécurité et environnementaux. C'était frais, nouveau, et ça fait du bien !

Mai 2022

4èmes Journées Radioprotection Cirkus

Cette fois c’est la dernière ligne droite, puisque nous allons nous retrouver ce mois-ci.
Les inscriptions vont bientôt se terminer car nous arrivons pratiquement à la capacité maximale. Mais, mais, mais… Il reste encore quelques places !
Alors dépêchez-vous si vous n’avez pas pris votre billet, car il n’y en aura pas pour tout le monde.

Non seulement, le programme va être de qualité, mais les à-côtés vont être passionnants.
Nous allons enfin retrouver nos exposants qui seront à votre écoute. Je crois même comprendre qu’il y aura des jeux, avec des lots à gagner. Vous allez aussi avoir des affichages de la part de sociétés qui n’ont pas pu avoir de stand (les kakemoneurs).
Vous allez avoir le camion de l’IRSN, mais je dois vous dire que pour la visite, celui-ci affiche déjà complet.
Enfin, il y aura une exposition avec les posters ASN/IRSN.

Et surtout, n’hésitez pas à vous inscrire pour le repas de gala, qui ne sera pas qu’un repas ! 
De quoi faire la fête. Dans la tradition du Cirkus !

Vulgarisation scientifique

Pour une fois, je vais légèrement sortir du champ de la radioprotection, mais rester sur le domaine scientifique.

Un billet d’Etienne KLEIN, docteur en physique et en philosophie, dont j’étais le collègue au CEA, m’a interpellé au début du mois d’avril.

"La vulgarisation scientifique est-elle un échec ?" : à cette question il apparaît que la réponse est « non, mais quand même, un peu, ça dépend… »

Je vous engage à lire l’article, où quelques passages sont édifiants.

Je ne peux m’empêcher de vous en citer trois :

« Le PISA, que vous connaissez certainement, mais aussi le TIMSS qui évalue les compétences en sciences et en mathématiques des élèves de CM1 et de 4e dans les pays de l’OCDE. La France est tout en bas du classement, avant-dernière pour le CM1 ! Il y a donc plus de trente pays de l’OCDE devant nous… Cette mauvaise place ne me semble guère provoquer de réactions politiques, alors même qu’il s’agit d’un enjeu littéralement républicain. »

« Comment pallier ce manque de culture scientifique des journalistes ? Je ne me sens guère capable de formuler d’autres propositions que celle-ci, d’un classicisme que vous jugerez sans doute désolant : je suggère de les former périodiquement, hors période de crise, sur les sujets importants, afin qu’ils acquièrent un « fond de références » qu’ils pourront mobiliser quand cela deviendra nécessaire. Bref, de leur donner de véritables cours, conçus pour eux, dynamiques et bien charpentés ! »

« J’imagine que les journalistes sont des personnes tiraillées, sommées tout à la fois d’informer et de faire de l’audimat… Je n’aimerais pas être à leur place.

D’autant qu’il y a là aussi un problème de prolifération, mais non nucléaire : à force de promouvoir la vétille comme épopée du genre humain, les formes modernes de la communication se transforment en une vaste polyphonie de l’insignifiance. Elles produisent une sorte de magma informel que nul message élaboré, construit, raffiné, ne parvient plus à transpercer. »

Et de conclure : « Voilà pourquoi je pense que la vulgarisation scientifique demeure plus que jamais nécessaire. »

Nous avons encore beaucoup de travail, et pour conclure avec une dernière phrase d’Etienne :

« Par exemple, des sondages montrent régulièrement qu’environ 70 % des Français pensent que le nucléaire est responsable du changement climatique. On peut penser tout le mal que l’on veut du nucléaire, mais pas avec cet argument-là, car cette corrélation entre changement climatique et nucléaire est tout bonnement fausse. Comme vous le savez, le nucléaire est une énergie décarbonée. La proportion montait à 83 % chez les 18-24 ans en 2017.

Autrement dit, une grande proportion des jeunes d’aujourd’hui, notamment de bacheliers, pensent que le nucléaire modifie le climat. Or, ce sont eux qui vont avoir à affronter la question cruciale de la production d’énergie sous contrainte climatique, ce qui supposera de leur part quelque compétence… »

Radioactivité artificielle dans l'environnement

Pour ceux qui voudraient avoir quelques idées sur la radioactivité artificielle dans l’environnement, nous vous conseillons d’aller sur le site de l’IRSN pour télécharger le document suivant : Le bruit de fond des radionucléides artificiels dans l’environnement français métropolitain ; bilan des constats radiologiques régionaux.

On y parle césium-137, strontium-90, carbone-14, tritium.

Vous y verrez, en particulier, l’impact des essais nucléaires des années 60 !

Surveillance radiologique de l’environnement en 2019

L’IRSN présente son bilan et la mise en œuvre du plan de surveillance régulière pour l’environnement et notamment autour des installations nucléaires.

Évolutions réglementaires

Compte tenu de notre situation en ce mois d’avril, mois d’élection, il va falloir attendre un peu pour voir publiés les textes qui nous occupent.

Par contre le questions/réponses de la DGT, notamment sur les aspects vérifications des matériels de radioprotection, est sorti !!

Bonne lecture ! Et sur le forum nous avons déjà ouvert la discussion, sans vous garantir de vous apporter toutes les réponses.

Mars 2022

Crise : mot se déclinant de plus en plus facilement

Après la crise sanitaire, nous avons maintenant une crise militaire en Europe.
En dehors de tout contexte politique, il y a eu un passage des russes à Tchernobyl. On a tout entendu sur le sujet dans les médias, y compris sur le fait que les réacteurs n’allaient plus fournir d’électricité. Ils ne fonctionnent plus depuis 2001 et le combustible a été déchargé !
Reste évidemment des stockages de déchets, mais ce serait ouvrir une boîte de Pandore que de vouloir y toucher…
Je doute d’ailleurs que les Russes aillent voir l’état du réacteur n°4 (nostalgie quand tu nous tiens – humour noir).
Mais cela a eu pour conséquence de déclencher les balises de mesures de la radioactivité.
Quand vous faites passer des engins militaires dans un terrain contaminé, il y a de fortes chances de remettre en suspension de la radioactivité.
L’AIEA et les réseaux de surveillance suivent les variations d’activité de près. L’IRSN a également publié un point de situation sur les mesures en France. Rien à signaler de ce côté-là.
Il reste sur le territoire ukrainien 15 réacteurs qui sont en état de fonctionnement. L’AIEA a demandé à ce que soient préservées ces installations.

Evolutions réglementaires

Eh bien cette fois il y a de quoi faire et de quoi lire, si vous n’avez pas fait attention :

Côté décrets :
Décret n°2022-114 du 1er février 2022 relatif aux conditions techniques de fonctionnement de l’activité de médecine nucléaire.
Décret n°2022-174 du 14 février 2022 relatif à la mise en œuvre d’opérations de valorisation de substances faiblement radioactives.
Décret n°2022-175 du 14 février 2022 relatif aux substances radioactives éligibles aux opérations de valorisation mentionnées à l’article R. 1333-6-1 du code de la santé publique
Ces deux derniers textes étaient très attendus car c’est une ouverture sur l’absence de seuil de libération. Cela s’applique à la catégorie de matériaux métalliques.

Côté arrêtés :
Arrêté du 1er février 2022 fixant pour un site autorisé le nombre d’équipements de médecine nucléaire en application du II de l’article R. 6123-136 du code de la santé publique
Arrêté du 15 février 2022 fixant les règles générales relatives aux installations et activités nucléaires intéressant la défense

Nous avons en principe mis ces textes en ligne. Ils n’appellent pour l’instant pas d’analyses de notre part.

Le jeu Cirkus 2022

Et pour finir sur une note plus légère, vous allez trouver sur le forum, dans la cour de récréation, un jeu à 12 étapes.
Nous en sommes à la quatrième, mais il n’est pas trop tard pour commencer…
Vous pouvez rattraper ceux qui sont devant vous.

Avril 2022

Nucléaire en tout genre

Après l’Ukraine et la situation chaotique à Tchernobyl et sur les autres réacteurs et sources détenues dans différents endroits du pays, il a fallu faire face à des interrogations de la part du grand public.
Les pharmacies ont visiblement reçu de nombreuses demandes pour obtenir des comprimés d’iode pour faire face à une explosion atomique ou des relâchements importants de radioactivité de la part d’un réacteur !
Alors pour la bombe atomique, on oublie le comprimé d’iode.
Il y a d’autres effets bien plus dévastateurs immédiatement, et il y a d’autres radionucléides présents lors des retombées.
Pour l’explosion d’un réacteur, la prise de comprimés d’iode est totalement justifiée si vous avez moins de 18 ans. Au-delà de 40 ans, les effets secondaires dus à la prise d’un comprimé d’iode stable sont plus invalidants.
Pour étayer mon propos, voici une courbe que l’on trouve sur le site de l’agence fédérale de contrôle nucléaire l’AFCN, l’ASN belge

Moi qui suis d’un certain âge, il n’y aurait que peu d’utilité à prendre un comprimé d’iode.

Après l’épisode iode, nous avons eu droit à traiter le sujet : « du sable radioactif sur mon pare-brise, au secours ! » sur un média national télévisuel.
Là encore, l’objectif était-il d’affoler la population par rapport à cette exposition ?
Pour mémoire, l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest) avait annoncé lors d’un épisode précédent une activité de 75 000 Bq par kilomètre carré. Ce qui donne 0,08 Bq par mètre carré !
Pour ceux spécialisés dans le transport, vous apprécierez la valeur de 0,000008 Bq par centimètre carré. Aucune chance de mesurer quoi que ce soit.
En tout cas, cela a fait couler beaucoup d’encre pour expliquer qu’il y avait plus d’exposition naturelle que d’exposition due aux essais nucléaires atmosphériques réalisés par le passé.

Et forcément la situation en Ukraine avec une potentielle crise énergétique a déclenché sur un autre média télévisuel, une émission titrée: « Le nucléaire, incontournable ? ». Classiquement ce média est orienté depuis longtemps, en ce qui concerne le nucléaire. Restons simplement sur la radioprotection. Certaines des personnes interrogées ont des positions dogmatiques.
Dire par exemple : “que le moindre Becquerel de tritium dans la Loire ou ailleurs est dangereux et inacceptable ! ”. Relativisons : imaginons qu’un bébé puisse boire 3 litres d'eau de la Loire par jour pendant un an à 300 Bq/L (on dirait l’histoire de la marmotte qui met le chocolat dans le papier d’alu). Cela correspond (sans compter la période effective où il y a élimination) à 330 000 Bq.
Si le risque supposé correspond à la loi linéaire sans seuil, avec une DPUI nouveau né à 6,4 .10-11 Bq/Sv, ce pauvre bébé recevrait 21 µSv sur l’année (il faut qu’il boive ses 3 litres) ! À comparer aux 4500 µSv reçus en moyenne chaque année de façon tout à fait naturelle, soit un ajout de 0,5 %.
Mais il se peut que certains interviewés nous expliquent, sans doute, que les Sv naturels sont moins méchants que les Sv de l'industrie nucléaire.
Je leur conseille quand même de regarder les dernières publications scientifiques concernant les effets biologiques.Pour les effets à très faible dose, même si c'est encore au niveau de la recherche, on se dirige vers une convergence qui montre qu’au niveau cellulaire, l’apoptose est privilégiée par rapport à la réplication avec défaut. Au lieu de la loi linéaire sans seuil (qui était le moins mauvais outil de gestion du risque), on se dirigerait vers une relation quadratique.
Le nucléaire fait vendre du papier. Il est par contre dommage que ces papiers soient autant à charge…

Évolutions réglementaires

Décret n°2022-395 du 18 mars 2022 relatif au document unique d’évaluation des risques professionnels et aux modalités de prise en charge des formations en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail par les opérateurs de compétences.

Février 2022

C’est un édito en pleine innovation pour la première partie.

Intelligence artificielle

Elle débarque aussi dans le monde de la radioprotection. Et autant vous le dire tout de suite, l’ASN et l’IRSN se sont dotés d’outils pour faire des analyses, en particulier sur les textes. C’est aussi le cas de certains gros exploitants nucléaires même s’ils n’en font pas beaucoup la publicité.

La SFRP a organisé une demi-journée en décembre sur le sujet. Et c’était franchement passionnant. C’est ainsi que l’outil SIANCE (système d’intelligence artificielle pour le nucléaire et le contrôle – nous avons peut-être mal noté) va permettre aux inspecteurs de procéder à l’analyse de la TOTALITÉ des lettres de suite pour une installation ou une société.
Et l’ASN a dans ses systèmes plus de 25 000 lettres de suite.
Car SIANCE va être appliqué à l’ensemble des utilisateurs, y compris dans le nucléaire de proximité ! Attendez-vous à avoir des inspections ciblées et en rapport avec ce qui s’est passé chez vous, car SIANCE va aussi être un outil pour la préparation des inspections suivantes.

Pour continuer, l’outil PIREX va être déployé par l’IRSN pour capitaliser l’ensemble des événements significatifs déclarés. Et il pourra être relié à SIANCE.

D’ailleurs, l’IRSN a créé de multiples systèmes d’IA pour faire des analyses dans différents secteurs. On peut citer l’optimisation des expositions patients, les effets toxicogénomiques sur l’environnement, les modélisations des transferts de radionucléides (notamment) dans l’environnement, la métrologie augmentée (avec par exemple une thèse en cours sur la détection des radionucléides dans l’air par spectrométrie gamma), une aide à la surveillance des travailleurs (avec par exemple l’évolution de SISERI qui va détecter les anomalies dans les doses des travailleurs).

Voilà, vous êtes prévenus (et vous en valez deux). Il va donc falloir hausser la rigueur dans la gestion de la radioprotection, car les autorités et leurs experts se dotent de moyens d’analyses sophistiqués.

Le groupe permanent des experts en radioprotection

Le GPRADE de l’ASN arrivait à échéance fin 2021. L’ASN a procédé durant l’année à un appel à candidatures. Il va y avoir un nouveau groupe d’experts qui sera désigné sous le vocable GPRP, avec un autre groupe de travail plus tourné vers les aspects médicaux.

Les avis sur les axes prioritaires en matière de radioprotection pour les quatre années qui viennent ont été demandés au travers des associations et des réseaux de PCR.
Se détachent dans l’ordre : la formation des professionnels en radioprotection, le rapprochement de la RP par rapport aux autres risques, l’organisation de la RP, la communication sur le risque, les effets des faibles doses.
Vous pourrez trouver sur le site de l’ASN la liste des nouveaux experts dans :

Bulletin officiel de l’ASN – Décisions nominatives - Décision n° CODEP-DIS-2021-060649 du directeur général de l’ASN du 10 janvier 2022

L'ASN présente ses vœux à la presse

Comme chaque année, l’ASN a présenté ses vœux à la presse. L’ASN a mis en avant ses premiers constats concernant la sûreté des installations en 2021 ; elle rappelle les sujets de vigilance et souligne la nécessité de placer dès à présent les préoccupations de sûreté au cœur des débats de politique énergétique.

Voeux de l'ASN

Bilan 2018-2020 de l’état radiologique de l’environnement français

Tous les 3 ans, l’IRSN dresse un bilan de l’état radiologique de l’environnement en France.
Vous pourrez trouver sur le site le bilan complet et une synthèse donnant les événements marquants.

Le bilan 2018-2020 montre que dans l’environnement de la plupart des sites sur lesquels sont implantées des installations nucléaires, les concentrations des radionucléides mesurées sur la période 2018-2020 sont de même niveau que celles mesurées durant les périodes précédentes (2011-2014 et 2015-2017). Toutefois, les concentrations observées dans l’environnement de plusieurs sites sont en diminution en raison de la réduction de leurs rejets. Pour certains de ces sites, cette diminution est intervenue depuis la période précédente 2015-2017 ; pour les autres, les résultats de mesure acquis entre 2018 et 2020 confirment des diminutions déjà amorcées depuis plusieurs années.

Lien vers le bilan

Evolutions réglementaires

Pas encore de texte en ce début d’année 2022.